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Le Fonds en action

Un membre rend visite à des projets subventionnés par le Fonds au Pérou

Témoignage de M. Claude Echard, décembre 2006

Il est environ 11h du matin lorsque Félix Marin, coordonnateur de Terre des Hommes pour le Pérou, arrête la voiture devant le portail de l'Association des Maria Clotilde. Nous sommes à Villa Salvador, un quartier défavorisé et difficile de la banlieue sud de la capitale péruvienne. Les chauffeurs de taxi refusent souvent de s'y rendre ou alors triplent le prix de la course. Toutes les habitations sont inachevées, les rues non asphaltées et les terrains ne sont que du sable. Souvent les bâtiments sont instables car ils manquent d'assises suffisamment profondes. Quatre têtes apparaissent aussitôt; le visage fendu d'un large sourire, elles nous invitent à pénétrer dans la cour du bâtiment. Il y a là :

L'Association des Marias Clotildes est une garderie pour des enfants dont les mères sont en difficulté et qui ne peuvent s'en occuper après la classe. La première phase de construction du bâtiment est achevée et 49 enfants en bénéficient déjà. Bientôt, avec le projet d'expansion au 1e étage elles espèrent en acceuillir 90 voire 100. Le coût total du projet est de 45.000 US $, fournis par Terre des Hommes et le Fonds 1% qui prend en charge la cuisine et les sanitaires. Outre les enfants, elles offrent aussi une aide psychologique aux mères du quartier qui le demandent. Ce sont essentiellement des femmes venues de l'intérieur du pays, des veuves et des mères célibataires. Le quartier est extrêmement violent, les jeunes ados y vivent en gangs et récemment un jeune de la maison d'en face a été tué pour avoir franchi la limite de sa zone et pénétré dans la zone d'un autre gang! Hilda en est encore bouleversée : « avant ce n'était pas comme cela mais il n'y a plus de limites à la violence! » dit-elle au bord des larmes. Au Pérou précise-t-elle 46% des adultes souffrent de malnutrition, 40% des enfants manquent de produits lactés et 38% de la population est au chômage.

Pour elles, l'aide du Fonds 1% pour le développement a été décisive dans leur décision d'agrandir le foyer d'accueil car sa réputation ne cesse de croître et les mères du quartier sont de plus en plus nombreuses à vouloir y placer leurs enfants dès le plus jeune age. Hilda me remet le rapport final destiné au Fonds 1% en s'excusant du retard mis à le faire mais ajoute-elle « nous sommes encore mal expérimentées dans ce domaine ». Il manque un document comptable, elle promet de me le faire parvenir avant mon départ du Pérou prévu dans 5 jours . [En fait elle me l'apportera le soir même après avoir parcouru 1h30 en microbus, sans avoir mangé. Elle arrivera à 10h du soir à mon hôtel ; épuisée mais heureuse d'avoir bouclé un dossier en ordre !]

Depuis la veille, l'année scolaire est finie et les enfants sont en vacances jusqu'en mars 2007. C'est la période de tous les dangers pour eux aussi certains d'entre eux ont-ils malgré tout pris été en charge par l'Association; je les retrouve dans le batiment d'à coté. Joyeux, ils interrompent leurs travaux de dessin pour me faire une bise aussi chaleureuse que spontanée. Selon la tradition péruvienne nous partageons alors le Panetone de Noel arrosé d'une boisson douce!

Gloria en profite pour m'exposer leurs projets: une nouvelle cuisine à l'étage. La cuisine financée par le Fonds 1% n'a en effet pas pu être construite au rez de chaussée comme initialement prévue car il leur a été impossible d'obtenir les autorisations nécesssaires malgré les plans de l'architecte. Qu'à cela ne tienne, elles la feront à l'étage! [Note de la rédaction: C'est chose faite! Elles nous ont fait parvenir un diaporama montrant chaque étape de la construction, que vous pouvez visonner en cliquant ce lien.]

Gloria envisage aussi un atelier de boulangerie .Pour cela elles devront former un spécialiste mais le local est déjà prêt. Il complètera ainsi l'atelier de textiles qui fonctionne déjà. Elles m'offrent d'ailleurs un T-shirt fabriqué sur place par des mères du quartier.

Finalement nous repartirons vers 12h30.Nous remontons dans la voiture que F. Marin avait entre temps garée à l'intérieur de la cour; en effet, lors de son dernier passage il l'avait laissée devant le portail et en la récupérant il l'avait retrouvée entièrement vandalisée! Nous laissons derrière nous des femmes exceptionnelles, d'une lucidité et d'un courage impressionnants. Pendant toute la rencontre, Hilda n'aura eu de cesse de remercier le Fonds 1% pour son aide précieuse. Décidemment, il valait la peine de venir de si loin pour se l'entendre dire!

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Remerciements Mise à jour 26.8.11 par webmaster@onepercentfund.net.